« Nouveau Prophétisme » et « Nouvelle Alliance » : quoi de neuf ?

L’un des textes clés de l’ésotérisme occidental a été publié par Raymond Abellio en 1947 : Vers un nouveau Prophétisme — ouvrage aussi capital pour notre époque que Le Règne de la Quantité et les signes des temps de René Guénon (paru en 1945) — qui, avec plusieurs dizaines d’années d’avance, décrivait les enjeux qui sont les nôtres aujourd’hui et donnait à notre intention des repères et des clés que l’expérience n’a fait depuis lors que valider. 

Aujourd’hui, comme l’avait annoncé Abellio, se fait jour « une nouvelle conception des rapports de l’homme et de Dieu » : « une Nouvelle Alliance qui efface du visage de Dieu les stigmates d’une colère qui ne sont que les reflets d’une peur anachronique sur le visage de l’homme ». D’emblée se signale le rôle des émotions de peur et de colère qui alimentèrent toute la dynamique de l’Occident de l’Antiquité à nos jours, dans tous les domaines de notre existence individuelle et sociale. L’ancienne Alliance des hommes et de Dieu reposait sur elles ; la Nouvelle résulte de leur transmutation. A la logique infantile et patriarcale de l’Ancien Testament — avec son Dieu extérieur et destructeur — succède une spiritualité adulte — celle incarnée dans l’Evangile, où la dignité, la liberté et la créativité divines se révèlent et se (re)connaissent à l’intérieur. (Passage, chez Abellio, de l’ « Homme extérieur » à l’ « Homme intérieur » — de la conscience individuelle à la conscience intersubjective, qui réalise et re-connaît la déité non hors de soi mais en soi et donc dans le soi de tout le monde.) L’enjeu de l’Apocalypse à l’oeuvre de nos jours est d’accéder à cet âge adulte, ce stade de maturité morale, intellectuelle et spirituelle, annoncé par le Nouveau Testament : un état chrétien au sens non seulement profane et religieux mais dans le sens sacral et gnostique que l’on appellera plutôt christique. Un état supposant l’intégration et le dépassement du stade luciférien (gouverné par la peur et la colère), celui de notre civilisation occidentale en voie de destruction et de transmutation à l’heure actuelle. Une civilisation restée sous influence patriarcale jusqu’au bout : les grandes idéologies de la modernité, avait aussi noté Abellio (Dans une Âme et un Corps, 1973), « relèvent toutes d’une religion dogmatique du Père, alors que tout le mouvement gnostique tend à une religion libertaire du Fils ». Religion du Père, c’est-à-dire la religion mosaïque et vétéro-testamentaire : dogmatique donc autoritaire, arbitraire et parasitaire. Religion du Fils : libertaire (et non libérale…), affirmant l’inaliénable liberté individuelle, l’autonomie et la souveraineté morales et rationnelles du sujet, et partant — en vertu de cette réciprocité de la liberté invoquée par Jésus-Christ dans la « règle d’or » évangélique : Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent — égalitaire, permettant l’avènement de la fraternité, puisque des sujets libres et égaux (également libres et librement égaux) se trouvent dans un rapport spontanément et naturellement fraternel de sympathie et de solidarité mutuelles. Raymond Abellio — anticipant et synthétisant avec une maestria inégalée la totalité du discours new age en la matière — nous a laissé, de cette colossale et cataclysmique transmutation, une lecture à la fois explicative et descriptive imparable, que le recul de sept décennies n’a rendu que plus éclairante et stimulante. En insistant quant à lui — car il sortait à peine, juste après la Seconde Guerre mondiale, de sa fièvre idéologique et révolutionnaire — sur la logique luciférienne qui anima la dynamique occidentale jusqu’à la porter au stade critique ultime dans lequel nous sommes entrés (l’Apocalypse, donc). 

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Apocalypse Here and Now

Jusqu’au bout le luciférisme occidental aura porté sa lumière dans les ténèbres ; mais Lucifer, dans son versant positif, « ne fouille jusqu’au fond de ’’l’erreur’’ que pour y trouver quelque élément positif, non pas pour la détruire, mais la transcender ». C’est la mission du ’’porteur de lumière’’ : éclairer l’erreur pour la transmuter en vérité (transmuter Lucifer en Christ : bascule alchimique du Noir au Blanc). C’est aussi, ajoutait Abellio, « la préoccupation essentielle de l’homme d’avant-garde : chercher la parcelle de vérité qu’il y a au fond de toute ’’erreur’’ ou de toute ’’exagération’’ ». Ainsi toutes les erreurs et les exagérations commises par l’Occident et la pensée moderne pour comprendre et améliorer le monde et l’humanité sont-elles à reconnaître et à transmuter. Dans tous les domaines où la fureur luciférienne occidentale est allée jeter ses feux, il s’agit de « séparer le bon grain de l’ivraie » : distinguer ce qui a réussi et ce qui a raté, — isoler la parcelle de vérité du fatras d’obscurité qui l’enserre (car au surplus, ce n’est pas pour rien si « la lumière luit au fond des ténèbres » mais que « les ténèbres ne l’ont pas saisie ») — et en tirer les conséquences. C’est un enjeu de responsabilité, de rationalité, d’intelligence et de connaissance. Il s’agit donc par là aussi de « dépasser la politique » — le domaine de la puissance et de l’émotivité (encore la peur et la colère) — et d’ « échapper au dilemme provisoire réalisme-idéalisme dans lequel elle tourne en rond » depuis longtemps déjà. Le dilemme idéalisme-réalisme est omniprésent dans l’histoire et a tourmenté la quasi totalité des penseurs et des acteurs politiques de la modernité. Sans parler des fleuves de sang qu’il aura fait couler : tous les « purs », les martyrs de la justice et de la vérité, des Albigeois à Saint-Just et Robespierre (entre tant d’autres, avant et après), ont sacrifié leur vie à l’idéal en refusant la compromission avec le réel. A l’inverse, leurs assassins ont pris sur eux en sacrifiant l’idéal aux viles contingences du moment, à l’appétit animal de puissance et de domination. La dialectique de la victime (utopique-idéaliste) et du bourreau (cynique-réaliste) irrigue la totalité de l’Histoire mondiale, par héros et salauds interposés, qui, au bout du compte, contribuèrent chacun à leur manière au même but : élever la conscience par-delà cette dualité stérile et mortifère pour en réaliser l’unité transcendantale. Et nous permettre enfin d’entrer dans une modalité supérieure d’existence. 

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Ni réaliste, ni idéaliste : les deux à la fois, c’est-à-dire autre chose

Voilà comment, dans les termes proposés par Abellio, se présente l’alternative à transcender. D’abord, être réaliste, « ce n’est pas nier les rapports de la morale et de la politique » — comme l’ont fait les réalistes et les cyniques en sacrifiant la liberté à l’utilité ou la vérité à l’efficacité — « mais mesurer l’exacte portée de l’inéluctable catastrophe mondiale », cataclysme qui, par son ampleur et son intensité eschatologiques, englobe et outrepasse nécessairement toute considération d’ordre moral et politique… C’est donc arrêter de vouloir sauver ce monde et de jouer au héros : d’une manière ou d’une autre ce monde ira à sa fin — et l’enjeu est d’y survivre en assumant et transmutant son héritage. Ce qui implique d’avoir éprouvé et vérifié par soi-même et en soi-même ce qu’il y a de juste et de vrai dans l’expérience luciférienne de l’Occident. (Et en évitant aussi de sombrer dans le nihilisme d’un Nietzsche déclarant qu’ « il ne faut pas relever ce qui tombe mais hâter sa chute », ce qui reviendrait à rouler pour Satan.) 

Ensuite « sauver l’idéalisme, ce n’est pas persister à affirmer l’existence d’un droit naturel, égalitaire, intemporel, utopique 1, c’est considérer cette catastrophe pour ce qu’elle est aussi du point de vue de Dieu », c’est-à-dire « un redressement permettant à une nouvelle souche humaine d’intégrer l’acquis ancien et de repartir, allégée, vers un destin plus haut ». Plus haut grâce à l’héritage, en effet, du Droit naturel, doctrine philosophique et juridique à la fois chrétienne et républicaine qui a donné la Déclaration des droits de l’homme de 1789, et qui n’a pas encore existé pour de bon jusqu’alors. Ce qui implique d’assumer l’héritage total de la sagesse humaine, partout et de quelque manière qu’elle se soit manifestée. (En application de l’imparable maxime de Kundera disant que « rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».) A partir de là, concluait Abellio, « le militantisme ne peut donc plus consister que dans le rassemblement de cette minorité prédestinée d’où sortira l’humanité postdiluvienne » dans laquelle cette dualité idéalisme-réalisme aura disparu et toutes les leçons tirées de l’expérience des vingt ou trente siècles précédents seront intégrées. Un « militantisme » et un « rassemblement » quant à eux diffus, informels et spontanés, sans tambour ni trompette, enracinés dans le local et reliés au global, les pieds bien campés dans la glaise et la tête haute levée au ciel 2. Quelque chose de fractal et d’holographique.

Laisser aux Magiciens leurs tours de passe-passe

En attendant, soulignait Abellio, « Le vrai débat de la période pré-diluvienne, débat souterrain mais crucial, se noue entre la spiritualité et ses contrefaçons, entre Prophètes et Magiciens » — les Magiciens étant lucifériens et les Prophètes étant christiques. « Ce sont d’ailleurs les Magiciens qui feront sauter une partie de l’humanité en se faisant sauter eux-mêmes. » (A cet égard, seule l’intervention de forces extraterrestres et non humaines a pu permettre jusqu’alors d’éviter cette sombre prédiction en empêchant les Magiciens de répandre le feu nucléaire sur la Terre, comme l’ont établi quelques ufologues sérieux dont, en France, Gildas Bourdais.) On reconnaît là les hommes de puissance sans foi ni loi (le prince de Machiavel : la fin justifie les moyens), prêts à toutes les perversions — à commencer par le recours massif et systématique à la magie noire, à la violence et à la torture physiques et psychologiques 3 — pour maintenir leur pouvoir : ce sont des occultistes, savants fous ayant vendu leur âme au diable, experts dans la manipulation des forces subtiles (psychiques) et soumis au Démon, le Démiurge : ils sont les Illuminati, à la tête de la machine capitaliste et totalitaire mondiale, le courant talmudo-sioniste (les Rockefeller, Rothschild, Soros et compagnie), et leurs épigones (Bill Gates et Mark Zuckerberg succédant au Dr Folamour) se distinguent aujourd’hui dans le domaine ô combien satanique du « posthumanisme » ou du « transhumanisme », ultime étape de l’aliénation esclavagiste moderne, de la corruption et de la dépravation de l’humanité, au sens le plus technique et le plus rigoureux de ces termes. 

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Les Prophètes, quant à eux, ont transcendé Lucifer en Christ : ils ne visent pas la puissance (occultisme) mais la connaissance (ésotérisme) et veulent servir au lieu de se servir (passage du libre-arbitre à la liberté). Gandhi en fut un bon exemple, Martin Luther King également (assassiné par la CIA, d’ailleurs). Il appert aussi que le syndrome de l’ « Élu », soit le personnage de Neo dans Matrix, est l’un des pièges tendus par… la Matrice — soit la nasse énergétique tissée par les Magiciens au service du Démon 4 — pour maintenir les « apprentis Prophètes » en situation luciférienne (au stade « faux prophète » en Alchimie à l’Œuvre au Blanc : Lucifer devenu Christ, s’imaginant qu’il est arrivé et oubliant qu’il a encore sa Passion et sa Crucifixion à connaître). Neo, le faux prophète, croyant rouler pour Dieu et servant encore le Démon : le syndrome du sauveur et du justicier qui prétend sauver les autres au lieu de s’occuper de ses oignons. Il n’y a pas d’élu. On n’est pas élu (par qui ? pour quoi ?), on s’élit soi-même. De même, comme Étienne Chouard l’explique bien, qu’on n’attend pas d’être promu citoyen : on s’érige soi-même, on s’institue citoyen par et pour soi-même. C’est exactement la même chose. Les droits humains ne se réclament ni ne se quémandent, ils se prennent, s’assument et s’appliquent. C’est là l’Evangile : le message du Christ. Assumer les droits humains et acquérir notre divinité : c’est tout un. De ce point de vue la République accomplit l’Evangile. (Rappelons que le droit naturel, dont a découlé la Déclaration des droits de 1789, a été fondé au 12e siècle par un clerc italien en partant de la « Règle d’or » christique de ne pas faire aux autres ce qu’on n’aimerait pas qu’ils nous fassent. Il y a là un sens exotérique, idéologique et politique à transmuter en un sens ésotérique et gnostique.)

Cela pour permettre, écrivait aussi Abellio, de répondre à « une difficile question de méthode : comment reconnaître les vrais porteurs des forces de l’Esprit », dans la mesure où « toute époque de transition est fertile en faux prophètes » (comme le montre la scène new age) et que « d’autre part, contre toute apparence, beaucoup de Prophètes s’ignorent ». C’en est même une caractéristique : non seulement ils s’ignorent, mais quand ils s’en rendent compte, ils ont tendance à ne l’accueillir qu’avec réserve et recul, sinon réticence. (Voir les personnages d’Aragorn, de Frodon et de Sam dans Le Seigneur des Anneaux, qui illustrent cette problématique à différents égards.) Par ailleurs, « un prophétisme fruste qui se contenterait, chez nous, de la dénonciation véhémente du monde actuel, irait à contre-courant du vrai Prophétisme » (tant il est vrai que ce à quoi tu résistes, persiste) car cela ne ferait que « donner son complément nihiliste habituel au tellurisme des masses » sans dépasser ce dernier. Schelling avait bien compris et affirmé qu’il n’est vraiment plus temps « de réveiller de vieilles oppositions : il faut chercher ce qui dépasse et domine toute opposition, ce qui est en dehors de toute opposition ». Toute opposition et toute critique négative sont à dépasser. L’indignation aussi, qui n’est qu’une forme bénigne de la jalousie (Aristote) — tant il est vrai, ajoutait Abellio, que « l’indignation soulage les nerfs sans nourrir l’esprit ». 

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La question de distinguer les vrais des faux prophètes est l’enjeu décisif de la bascule alchimique du Blanc au Rouge : et le simple fait de se la poser montre au moins que la transition du ’’faux’’ au ’’vrai’’, si elle n’est pas encore accomplie ni effective, est en voie de l’être. A l’inverse, un luciférien borné au Blanc se reconnaît à son absence de questionnement et de remise en cause : il a raison, point, barre, et n’arrive pas à reconnaître ni a fortiori à sortir de son erreur. (C’est là qu’il sombre dans la mauvaise foi et la violence, seuls moyens de sauver la face et de reculer l’échéance.) Il refuse de gravir son Golgotha et se condamne à brûler avec Satan, au feu de son arrogance et de son intelligence glaciales et privées d’amour. (Zarathoustra : on reconnaît les ’’mauvais’’ à ceci qu ’« ils ne reviennent pas de l’erreur ». La scolastique médiévale s’en rappelait en disant Errare humanum est, perseverare diabolicum : si l’erreur est humaine, persévérer dans l’erreur est diabolique.) Le Christ montant au supplice admet son erreur — l’orgueil de Lucifer — et par là même s’en libère. « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’est le fait, c’est uniquement le fait de formuler cette question (que ce soit en hurlant, en murmurant ou en sanglotant) qui conditionne l’entrée à l’Œuvre au Rouge. Suite à quoi, à l’usage, il s’avère indispensable de conserver cette vigilance — de se référer au Soi plutôt qu’au moi —, de s’observer soi-même (comme le martèlent toutes les traditions) avec le regard scrutateur et intransigeant (violent et violant) de Lucifer et le regard éperdu d’amour et de charité du Christ. Cette conjonction signe l’accession au Rouge.

Cette « difficile question de méthode » ne peut et ne doit donc se résoudre qu’à titre individuel et intérieur, en son âme et conscience. Et à ses risques et périls. (On ne triche pas avec l’Esprit, et des états cliniques comme la schizophrénie, les ulcères, les tumeurs, etc., s’expliquent au fond par les mensonges, conscients ou non, et les contradictions que l’on vit entre ses pensées, ses paroles et ses actes. A tout point de vue, rectitude, cohérence et intégrité sont la voie royale — la « Règle de justice et de vérité « des gnostiques et des cathares.)

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Déluge de feu solaire et « surabondance de la Grâce » 

Enfin, soulignait Abellio, « chaque cataclysme diluvien est accompagné d’une surabondance de la grâce, en parfaite corrélation avec lui. » Ce point est crucial : notre Déluge, aujourd’hui, n’est pas d’eau mais de feu. C’est le feu du ciel, c’est-à-dire le feu du Soleil : il s’agit, au plan le plus direct et le plus physique, de l’activité solaire. Les « vents solaires » — décharges de plasma, éjections de masse coronale (voir ici), qui évoquent aussi les « nuées » et les « visitations » de l’Écriture — constituent ce feu céleste en train de purifier le monde et de purger l’humanité de ses scories psychiques et de ses charges karmiques. C’est là la « Grâce » apocalyptique.

Ce phénomène — l’intensification de l’activité solaire (le feu du ciel) — a commencé à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Il est lié à, il entraîne, il constitue même cette Apocalypse, cette « révélation » : c’est cela même qui brûle le mensonge, qui libère et accomplit la vérité. Les masques tombent : passage de la personne (persona : « masque ») à l’individu (qui signifie « indivisible »).

Cela, Abellio ne le savait pas. « Actuellement, écrivait-il en 1945-46, nous sommes encore dans la descente » : « Le Fils de l’Homme n’a pas fini sa descente aux Enfers. » Sept décennies plus tard, il y a de quoi se dire que le point ultime a été atteint. « Les hommes sentent confusément la menace, mais ils sont aveugles et sourds, ou plutôt ils sont aveuglés et assourdis. Une force irrépressible leur fait aimer ce nihilisme qui les entraîne, ils y prennent une sorte de plaisir masochiste, qu’il est bien inutile de couvrir d’anathèmes, car tout cela aussi, Dieu le veut. […] Pour eux, l’époque se colore des couleurs toujours fastueuses de la décadence ; l’accélération même des événements qui annonce la crise, et en quelque sorte la contraction, le remplissage maximum de la durée vécue qui sont les conséquences de l’affolement de ce Maelström, leur donnent le sentiment réel qu’ils vivent davantage qu’à aucune autre époque : et véritablement, pour leur Homme extérieur, c’est exact. […] Mais l’époque de la plus profonde nuit et de la plus grande menace est aussi celle de la Construction de l’Arche. » Bienvenue au bout de la nuit : là où poind l’aurore. Quand la lumière, de froide, devient chaude, et d’extérieure devient intérieure. Et d’individuelle, universelle. 

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1 L’égalité fut la revendication essentielle de la poussée républicaine et révolutionnaire de la modernité. « Il y a un fond commun aux utopies de toutes les époques, et spécialement du 18e siècle : il consiste en l’aspiration à l’égalité » (Jacques Julliard, Les Gauches françaises, 1762-2012. Histoire et politique, Flammarion 2013, p. 76).

2 Loin du puéril battage des Indignés ou d’Occupy Wall Street, par exemple, et beaucoup plus proche des communautés écologiques et autonomes à la façon de Lanza del Vasto dans le Larzac ou de Jean-Claude Besson-Girard dans les Cévennes.

3 Selon La Stratégie du choc bien décrite par Naomi Klein (1996) et reprise par Jérôme Ménez dans La Valse des irresponsables (2016) : l’effet de choc dû à la violence et à la souffrance délibérément infligées aux individus et aux peuples a toujours été l’outil principal de domination utilisé par le pouvoir satanique agissant dans les coulisses de la civilisation patriarcale de notre cycle. La violence (qui est le recours des faibles) est l’une des signatures du démon.

4 Le Web : la « toile », le Net : le « filet »… sont, comme toutes les armes, à double tranchant : diviser ou assembler, séparer ou réunir, abaisser ou élever. — C’est la neutralité intrinsèque de la technique, nonobstant l’intention perverse, néfaste et malveillante que les Magiciens noirs, les « agents Smith » de la Matrice, y ont placée, car cette intention négative peut et doit se transcender par et pour l’intention positive, élévatrice, émancipatrice que nous mettons, quant à nous, dans notre usage de cet outil. Bonne vieille dialectique de la technique et du technicien : un scalpel, selon qu’il est en de bonnes ou de mauvaises mains, peut sauver une vie ou la détruire. « Ce n’est pas le vin qui enivre l’homme, dit un proverbe chinois, c’est lui qui se saoûle. » Ce n’est pas le flingue qui tue : c’est celui qui appuie sur la gâchette. C’est la maxime de Maître Eckhart, martelée par Abellio : « Ce ne sont pas nos actes qui nous sanctifient, c’est nous qui sanctifions nos actes. » Fais ton choix : choisis ton camp, camarade. (« Le Grand événement du Choix » chez Zoroastre.)

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Auteur : A. R.

Alexandre Rougé, né à Dijon en 1978, écrivain et journaliste.

Une réflexion sur « « Nouveau Prophétisme » et « Nouvelle Alliance » : quoi de neuf ? »

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